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15 sept. 2009

Connaissez-vous KissKissBankBank.com, crowdfunding entre artistes et internautes ?

Catégorie : Marketing participatif et crowdsourcing
Mots-clés : ,

J'ai rencontré Benoit Destailleur, Community Manager, et Adrien Aumont, co-fondateur, qui participent au projet Kiss Kiss Bank Bank il y a quelques semaines et je dois reconnaître que j'ai beaucoup aimé leur approche du secteur de la musique et la manière de présenter leur service qui sort aujourd'hui.

kisskissbankbank

La musique en 2009

Pas besoin de faire de longues diatribes pour dresser le panorama actuel de la musique en France, mais toutefois 3 points importants me semblent important à rappeler.

  • Le secteur de l'industrie musicale a diminué de moitié depuis 2002. Au cours des six premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires des producteurs a ainsi baissé de 17,8 %, à 229,2 millions d'euros, en France. Pour le troisième semestre consécutif, les ventes de supports enregistrés ont reculé de plus de 20 %. Elles représentent toujours plus de 80 % du marché, car les ventes numériques ne se développent pas assez vite pour compenser la chute. En progression de 3,3 %, téléchargements et sites d'écoute représentent 37,7 millions d'euros de chiffre d'affaires. Certes il y a un eu un certain report vers l'offre légale de téléchargement de musique, mais le piratage reste la cible des attaques des maisons de disques, artistes et autres parties prenantes. Pas besoin de rappeler aussi le débat toujours ouvert autour de Hadopi.

  • Le rapport entre USA et France sur les ventes de CD est de 1 à 5... par contre ce qui concerne les ventes de MP3 le rapport est de 1 à 25. Ce décalage s'explique certes par le flou encore juridique (cf Hadopi) mais aujourd'hui à mon sens rien n'est fait pour développer fortement ce support là... Pour s'en convaincre il suffit de voir le faible écart entre le prix d'un album téléchargé et son prix en CD.

  • En fonction des maisons de disques, 8 voire 9 albums produits sur 10 ne rapportent pas et ne sont donc pas rentables pour la maison disque. C'est la fameuse règle des 20% qui payent pour les 80% restants. Afin de défendre la créativité artistique et de pouvoir continuer à produire les artistes plus difficilement rentables, les maisons de disques ressortent prioritairement l'argument de ne pas toucher à la manne financière que représente les 20% et donc de lutter contre le piratage et même fut encore un temps récent contre les plateformes d'écoute de musique en ligne comme Deezer ou Wormee (cf : Est-ce que les plateformes d'écoute de musique en ligne font plus vendre de musique ?). A mon sens le débat est autre car la question est plutôt de savoir comment pouvoir continuer à produire les 80% des artistes peu rentables pour les maisons de disques.. mais d'une manière différente. Je vous conseille la lecture d'un article récent du Figaro sur les manques actuels de moyens des maisons de disque pour continuer à soutenir la création artistique : Les majors ne peuvent plus soutenir tous leurs artistes.

Et c'est de ce postulat que se base le projet Kiss Kiss Bank Bank...

Rapprocher artistes et fans

La relation entre artistes et fans, à l'ère de la Star Académie et des médias sociaux a bien changé. La "staracadémisation" de la société a fait que chacun peut potentiellement penser pouvoir devenir une célébrité, du jour au lendemain. Qu'est ce qui sépare alors une star d'une personne lambda ? La médiatisation !

Le deuxième point est l'arrivée des médias sociaux et le fait qu'aujourd'hui un fan peut rentrer facilement en contact avec sa star. Que ce soit via Twitter, Facebook ou MySpace, les médias sociaux suppriment les intermédiaires (médias traditionnels) entre fans et artiste, ce dernier pouvant avoir une communication directe et instantanée avec son public (cf : Britney Spears sur Twitter et Utilisation de Twitter par les célébrités : le cas Ben Stiller)

Vous me direz : "Mais quel est le rapport avec Kiss Kiss Bank Bank ?". J'y viens je vous rassure. La logique reste celle de rapprocher artistes et fans sur une plateforme d'intermédiation. Mais au lieu que ça se base seulement sur des conversations, l'idée est de placer le fan dans une démarche de participation à l'œuvre ou à la vie artistique d'artistes.

C'est pareil que MyMajorCompany ?

Le projet Kiss Kiss Bank Bank se base sur un principe proche à première vue de MyMajorCompany qui est de permettre à des artistes ou des maisons de disque de trouver des financements auprès d'internautes pour produire un projet d'un artiste. Les internautes en échanges peuvent toucher les dividendes au prorata de leurs investissements et en fonction des règles préalablement fixées sur la plateforme et qui peuvent être différentes d'un projet à un autre. Mais les points communs s'arrêtent là :

  • L'idée n'est pas de découvrir de nouveaux talents (comme Grégoire) mais de faciliter à des artistes déjà établis ou pas (comme Cock Robin par exemple actuellement) de pouvoir trouver des financements de leurs projets auprès d'internautes.

  • Kiss Kiss Bank Bank n'est pas une maison de disque, à la différence de MyMajorCompany et son rôle n'est pas la production mais bien la mise en relation entre les acteurs existants.

  • La mise en relation ne s'arrêtera donc pas a priori au seul secteur de la musique mais veut toucher le monde de l'entertainment (cinéma, jeux vidéos...).

Vous l'aurez compris que je trouve le principe très bien pensé par rapport aux difficultés actuelles du secteur de l'industrie musicale et très dans la tendance actuelle de "crowdfunding". Reste à espérer que les maisons de disque joueront le jeu pour faire de Kiss Kiss Bank Bank un véritable succès...

Allez pour les plus tenaces d'entre vous qui auront lu cet article jusqu'au bout, je vous propose pour les 10 premiers laissant un commentaire de pouvoir accéder à la plateforme avec leur compte crédité de 1 KissStock (monnaie virtuelle utilisée sur la plateforme permettant d'investir sur les projets, sachant qu'1 KissStock équivaut à 10 euros).

Pour aller plus loin :





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